jeudi 8 janvier 2015

Mé Itou: dériveur de 5,5m




            Comme vous l’avez deviné dans la note précédente, la Yole OK n’est pas un bateau de promenade. La vie de famille imposait la construction d’un nouveau bateau adapté plus à la balade.
            L’architecte JJ Herbulot dévoile en 1977, dans le journal ‘’le Figaro’’, les plans d’un petit bateau habitable conçu pour la construction amateur. D’où son nom de baptème : le Figaro, dont la longueur était limitée à 5.10 mètres. Cette longueur était déterminée par l’architecte pour réaliser un bateau dont la jauge devait être inférieure à 2 tonneaux afin d’être exonérer des frais de douanes. Drôle d’idée car cette contrainte rendait le bateau à mes yeux moins intéressant.
            Heureusement, dans le même temps et indépendamment de cela, en 1977 la revue Bateau lance une nouvelle compétition : la Micro Cup conçue pour des bateaux habitables de 5.50 m avec une jauge stricte.
            L’idée de modifier les plans du Figaro pour l’adapter à la jauge de la Micro Cup me tente, je me lance dans l’aventure d’une nouvelle construction. D’abord à la table à dessin pour modifier le bateau puis à l’atelier pour la réalisation.
            ‘’Mé Itou’’ sera mis à l’eau sur la Seine en 1978 à Elbeuf. Nous naviguerons ensuite à La Londe les Maures en Méditerranée dans le golfe de Gien, mais aussi dans le Finistère, dans les Aber, à Loctudy, aux Glénan, dans le Morbihan à Larmor Baden, à Noirmoutier…



             
         Ce bateau nous a appris à naviguer, à découvrir les courants, les marées, la météo, les cartes, le balisage etc… 

        Notre première ‘’grande’’ navigation fut d’aller de Loctudy aux Glénan

       Avec ce petit bateau nous voulions faire comme les grands. Ce n’est pas sans ironie que nous l’avions baptisé Mé Itou pour ne pas oublier nos origines normandes et aussi pour affirmer nos ambitions ! (en patois normand  Mé Itou  cela signifie ‘’Moi Aussi’’)
     Hérité de la domination anglaise sur la Normandie il y a bien longtemps,  ‘’me too’’ en anglais est devenu au fil des années et des déformations phonétiques ‘’mé itou’’ en normand.


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Naissance d'une passion.



Depuis toujours, j’ai eu une attirance pour l’eau, une attirance pour aller sur l’eau.
                Enfants, j’aimais faire tourner en rond  des bateaux dans une bassine. J’allais souvent sur les bords de la seine voir passer les bateaux, les péniches, les remorqueurs. J’aimais jeter un morceau de bois dans l’eau, le voir flotter et disparaitre au fil de l’eau, emporté par le courant. Sans le savoir vraiment, dans mon esprit de gamin, la notion de flotter sur l’eau et la notion de voyage commençaient à germer. J’observais et je rêvais en même temps et je m’interrogeais : où pouvait bien aller ce morceau de bois que ma main avait mis à l’eau ? Qu’elle destinée allait-il avoir ? Quel événement pouvait-il mettre fin à sa course ? Telles étaient certainement les questions qui me trottaient dans la tête sans être bien évidement formulées de la sorte.
                Bien des années plus tard, adolescent, j’ai appris la voile avec un homme passionné et généreux : Mr Déprez, commandant  retraité de la marine marchande, venu dans mon village à Aubevoye au bord de la seine passer sa retraite. Non seulement j’ai appris les premières leçons de voiles, mais auprès de lui, j’appris à construire des bateaux car son occupation depuis sa retraite était la construction de dériveurs. Auprès de mon père, j’ai appris le travail manuel : prendre une mesure, faire un tracé, couper, scier, assembler, souder, etc…
                Ainsi, j’ai construis mon premier voilier dans les années 68/70.Ce bateau, dériveur solitaire, fut nommé Yole O.K. en utilisant les initiales de Knud Olsen, l’architecte naval danois qui a dessiné ce bateau en 1957. La Yole OK a été pensée comme un bateau de préparation olympique, bateau fin, sensible, léger, nerveux, sportif. Le gréement de type cat-boat est identique à celui du Finn avec une voile unique gréée sur un mât tournant non haubané. Ce bateau fut construit en contre plaqué, les formes de la coque sont encadrées par une monotypie  stricte. Cela rend la construction délicate pour respecter les nombreuses règles de jauges afin d’obtenir, auprès d’un jaugeur agréé par la fédération, un certificat de jauge qui ouvre la porte aux compétitions. Ce qui fut le cas pour ce bateau qui porte le n° de jauge 959.
Les caractéristiques du bateau sont :
Longueur 4.00m - Maître-bau 1.42m - Voilure 8.95 m² - Poids de la coque 72kg
 

                Quelques années plus, j’ai fait l’acquisition d’un Requin qui n’avait pas vu la mer depuis longtemps et qui avait besoin d’un bon coup de nettoyage et d’une remise en état approfondie avant de pouvoir retrouver son élément !
J'ai acheté ce bateau dés les premiers salaires que j’ai perçus, avant même d'avoir une voiture, pour vous dire quelles étaient mes priorités.... 
Après réfection, le bateau fut convoyé et amarré dans le port d'Honfleur.
       Une mutation professionnelle à St Etienne,  dans le centre de la France, m'obligea à vendre rapidement ce bateau. De ce fait, j'ai peu navigué avec lui. Je garde cependant quelques souvenirs: les sensations de raideur à la toile, remontant bien au prés pour satisfaire le voileux, le confort limité avec une coque étroite (1.90m de large et 1.10m de hauteur) alors que le bateau fait9.60m de longueur.
Pourtant, c'est avec ce bateau que j'ai découvert la navigation en baie de Seine. Peut-être que le souvenir qui a marqué le plus ma mémoire est le réveil par l'eau de pluie s'infiltrant à travers le pont et inondant nos duvets... la solution pour pouvoir dormir un peu plus au sec était alors de coincer des allumettes au plafond, dans les fentes des lames de bois les plus suspectes, d’ où arrivait notre malheur....
A ce moment, l’idée de naviguer à plat sur un multicoque me vint à l’esprit mais ce ne fut pas pour tout de suite.
Voici quelques photos de ce bateau :

 

Pour satisfaire votre curiosité, je vous invite à visiter le site: http://www.classe-requin.fr/ afin de découvrir ce fabuleux bateau ancien mais toujours attractif. 

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